Anne Peultier interviewée par Doc Mac

Doc Mac :
en parcourant les divers interviews te concernant sur le web on apprend

que ta première passion a été la musique, avant de te rendre compte

que ton média naturel était le dessin. De fait, dès 1997

une forme de reconnaissance immédiate arrive grâce aux

somptueuses pochettes de disque que tu a créé pour le label Zig Zag Territoires.

C’est 2003 que les amateurs d’art ont pu découvrir tes œuvres qui semblent être le prolongement naturel de ton travail discographique. N ‘y a t’il pas dans chacune de tes œuvres une relation à une forme de mise en scène emprunte de musique ?

Anne Peultier :
Toujours je me demande d’où viennent les images qui me traversent, m’apparaissent et que je livre sur ma toile. Mes premiers élans, l’émotion , la sensation, sont le départ d’un voyage qui m’amène vers l’image, avec la musique qui toujours m’accompagne sur le chemin, en dialogue direct et permanent. La musique me guide vers la rencontre d’êtres et d’histoires que je peins. Mais sur la route, d’autres djins interviennent et enrichissent cet univers en perpétuel mouvement. Les influences se croisent, s’entremêlent à l’infini… Tout ce cheminement intérieur s’inscrit dans le temps et l’espace comme un conte que l’on me soufflerait à l’oreille. Alors, au cours de cette expérience, les créatures apparaissent, extraordinaires et fantastiques. Ces mondes peuvent effectivement évoquer une mise en scène , même si pour moi, ils ont leur propre réalité.
Doc Mac :
Il y a aussi dans tes représentations graphiques une forme de démarche théâtrale associé parfois à un zeste de mythologie montrant une recherche non seulement picturale mais également intellectuelle, en quelques mots, quels ont les moteurs de ta création ?
Anne Peultier :
Mon moteur de création est précisément ce voyage au coeur de l’être, là où les créatures se révèlent singulières, archaïques ou curieuses. Le commencement de la création , c’est l’accident qui me vide et me libère du carcan de ma toute petite pensée. L’image est surprenante, inattendue, saisissante pour moi. Elle prend vie, se transforme, mute. Ce processus pourrait s’apparenter à une métamorphose, comme celle des récits mythologiques ou de certains grands livres fondateurs où l’Homme vit tous les états d’être, entre animal et Homme, des entrailles à la lumière. Mais, ces références, je ne les mentalise pas.Elles surviennent, apparaissent, elles sont juste l’expression de ce qui me lie au monde, quelque chose de l’ordre de l’universel qui me dépasse encore aujourd’hui.
Doc Mac :
2005, le magazine Azart te fait l’honneur d’un article en page 65 dans son numéro 15, est-ce que pour toi cette parution a correspondu à une forme de reconnaissance dans ton métier d‘artiste ?
Anne Peultier :
Oui.
Doc Mac :
Puls’Art pour toi va être ta première grande rencontre avec le public et les artistes, qu’attends-tu de cette manifestation ?
Anne Peultier :
J’espère rencontrer le regard du spectateur, l’émouvoir, le surprendre et vivre pleinement ce que cela déclenchera en moi : un questionnement, une déstabilisation, la joie…
Doc Mac :
Quelles sont les matières que tu utilises dans tes œuvres ?
Anne Peultier :
Je peins avec une base d’acrylique ou vinylique et pigments, puis je monte avec l’huile, les pastels à l’huile, l’encre, les crayons.Je peins couche sur couche, histoire après histoire, je couvre, je gratte pour retrouver les parcelles des sous-couches. C’est une technique chaotique qui ne m’amène jamais où j’avais l’intention d’aller.
Doc Mac :
Quelles sont les différences pour toi entre tes créations de pochettes de disque et tes œuvres ? cette question est tout sauf innocente, car pour ceux qui connaissent ton travail pour Zig Zag Territoires tout le monde aura constaté que ces créations ont souvent des allures de toiles.
Anne Peultier :
Dans un cas je vais à la musique et l’épouse, et dans l’autre elle vient à moi et m’emporte. Pour Zig Zag, je suis au service de la musique et de l’artiste. Je dois intégrer dans mon travail le contexte de l’oeuvre, ce qu’elle exprime, son histoire… Même si j’ai une grande liberté, je dois parfois freiner mes ardeurs, ne pas outrepasser ma mission d’illustration. Et cela représente pour moi une contrainte qui est finalement très créative car elle m’oblige à toujours chercher de nouvelles voies qui souvent nourrissent mon travail sur toile. Sur mes toiles, mon travail devient plus intime, radical, sans contraintes ni limites. Je tente sans cesse de dépasser les frontières de mon savoir-faire et de mon savoir-voir.
Doc Mac : Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps .

Merci à toi.

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